L’assurance-vie, placement favori des Français, est bien souvent utilisée pour transmettre des sommes au conjoint avec une moindre incidence fiscale.
Pour autant, la fiscalité applicable ainsi que les incidences des clauses bénéficiaires du contrat sont différentes selon le statut des conjoints (simples concubins, partenaires de PACS, ou couple marié).
FISCALITÉ : AVANTAGE AUX MARIÉS OU PACSÉS.
Pour les concubins, l’utilisation d’une assurance-vie dans l’objectif d’une transmission est de toute manière intéressante, dans la mesure où elle permet de bénéficier de l’abattement de franchise de 152.500 euros avant application de la fiscalité.
Mais il faut savoir que depuis le 22 août 2007 et la loi dite TEPA (travail, emploi et pouvoir d’achat), les sommes perçues par le bénéficiaire marié ou pacsé, sont totalement exonérées de tout droit de succession ! Dès lors, être marié ou pacsé constitue, fiscalement parlant, un avantage sans commune mesure par rapport au concubinage simple.
SOUSCRIPTION CONJOINTE.
Les époux liés sous le régime de la communauté universelle avec clause d’attribution totale peuvent souscrire ensemble un même contrat. Cette « souscription conjointe » ou « co-adhésion » permet le dénouement du contrat au second décès et ainsi d’en optimiser la fiscalité car les sommes versées au conjoint survivant sont fiscalement assimilées à des biens propres et n’entrent pas dans la succession.
Les époux liés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts et les concubins ne peuvent souscrire une adhésion conjointe.
Les partenaires pacsés ne peuvent pas non plus réaliser une souscription conjointe. Au regard de la loi, les placements qu’ils font sont considérés partagés en indivision par moitié (50/50) sauf précision particulière. Pour éviter que les sommes soient partagées en cas de rupture, et d’avoir à indemniser son ex-partenaire pour moitié, le souscripteur a intérêt à faire préciser que son contrat d’assurance-vie est conclu à titre individuel.
CONCUBINS ET PACSÉS, ATTENTION à LA CLAUSE BÉNÉFICIAIRE !
La clause bénéficiaire traditionnellement proposée lors de la souscription d’un contrat ne vise que les « conjoints », c’est-à-dire de manière implicite les personnes mariées. Les couples non mariés ou pacsés doivent donc réfléchir à la rédaction d’une clause bénéficiaire applicable à leur situation. Pour cela, ils peuvent prévoir une clause générale en faveur de « la personne vivant en concubinage avec l’assuré au moment de son décès ». Cela permet de prévoir un futur changement de concubin, mais avec un risque de litige.
L’autre possibilité étant la rédaction d’une clause nommant précisément le concubin bénéficiaire. Mais ce choix est délicat : si le partenaire était au courant de sa qualité de bénéficiaire et avait accepté la clause, le souscripteur doit, en cas de rupture, lui demander son accord pour changer de bénéficiaire ! Cet inconvénient est cependant limité par la récente réforme du 11 novembre 2007 qui soumet désormais l’acceptation de la clause bénéficiaire à l’accord de l’assuré.
L’assurance-vie reste le placement idéal pour transmettre un patrimoine à sa compagne ou son compagnon, mais certaines précautions sont donc nécessaires.